Travailler en France comme salarié étranger
Autorisation de travail, visa de long séjour et titres de séjour professionnels — état du droit au 8 septembre 2026
Recruter un salarié étranger non européen suppose deux autorisations distinctes, souvent confondues : une autorisation de travail, demandée par l'employeur, et un droit au séjour, demandé par le salarié. L'une ne vaut pas l'autre, et l'ordre dans lequel elles s'obtiennent conditionne toute la suite.
Les principaux titres professionnels
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Titre |
Situation visée |
Durée |
Autorisation de travail |
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Salarié |
Contrat à durée indéterminée |
1 an, renouvelable |
Exigée |
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Travailleur temporaire |
Contrat à durée déterminée |
Alignée sur le CDD |
Exigée |
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Talent — salarié qualifié |
Master + contrat > 3 mois, salaire ≥ 39 582 € |
4 ans maximum |
Dispensé |
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Talent — carte bleue européenne |
Diplôme ou 3 ans d'expérience, salaire ≥ 59 373 €, contrat ≥ 6 mois |
2 à 4 ans |
Dispensé |
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Recherche d'emploi ou création d'entreprise |
Master obtenu en France |
1 an, non renouvelable |
Dispensé |
Les cartes « talent » dispensent l'employeur de toute procédure d'autorisation et offrent d'emblée une durée pluriannuelle. Leurs seuils de rémunération sont revalorisés chaque année.
L'autorisation de travail
La demande est déposée par l'employeur, exclusivement en ligne, auprès du préfet du département du siège social. Quatre séries de conditions sont examinées.
D'abord l'emploi : l'employeur doit soit recruter sur un métier figurant sur la liste des métiers en tension, soit justifier d'une publication de l'offre pendant trois semaines consécutives auprès du service public de l'emploi, restée sans candidature adaptée. Les titulaires d'un master ou d'une licence professionnelle échappent à cette opposabilité de la situation de l'emploi.
Ensuite la rémunération, au moins égale au SMIC ou au minimum conventionnel s'il est supérieur ; la situation de l'employeur, qui doit être à jour de ses cotisations et n'avoir fait l'objet ni de condamnation ni de sanction pour travail illégal ; enfin, pour les professions réglementées, le respect des conditions légales d'exercice.
Le silence gardé pendant deux mois vaut refus. Le refus, explicite ou implicite, se conteste par recours gracieux ou hiérarchique, ou directement devant le tribunal administratif, dans le délai de deux mois.
Du visa au titre de séjour
Le salarié recruté depuis l'étranger sollicite ensuite un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS), portant la mention correspondant à sa situation. Ce visa, valable de quatre à douze mois, dispense d'une demande de carte à l'arrivée — mais à une condition impérative : il doit être validé en ligne dans les trois mois suivant l'entrée en France, avec paiement de la taxe. À défaut, le séjour devient irrégulier.
La demande de carte de séjour est ensuite déposée en préfecture au plus tard deux mois avant l'expiration du VLS-TS. Le salarié déjà présent en France sous un autre titre suit la voie du changement de statut.
Le coût est significatif : 350 € en première demande (taxe de 300 € et timbre de 50 €), 250 € au renouvellement, majorés de 180 € en cas de dépôt hors délai, sauf force majeure. S'y ajoute, à la charge de l'employeur, une taxe due à l'OFII, calculée selon la durée du contrat et le niveau de salaire.
Après la première année
Le salarié toujours en poste peut obtenir, au terme d'une année, une carte pluriannuelle de quatre ans, sous réserve d'avoir suivi avec assiduité le contrat d'intégration républicaine, de justifier d'un niveau de français A2 et d'avoir satisfait à l'examen civique. Le titulaire d'une telle carte conserve son droit au travail pendant trois mois après son expiration s'il a déposé sa demande de renouvellement en temps utile.
La perte d'emploi n'est pas nécessairement fatale : le salarié indemnisé par France Travail obtient le renouvellement de sa carte, puis un titre d'une durée égale à celle de ses droits à l'assurance chômage. Le titulaire d'une carte « travailleur temporaire » voit en revanche son titre calé sur la durée du contrat restant à courir.
Points de vigilance
La délivrance peut être refusée en cas d'obligation de quitter le territoire non exécuté, de production de faux documents ou de condamnation pour certaines infractions graves. Toute première demande suppose enfin la signature de l'engagement de respecter les principes de la République (art. L. 412-7 et suivants du CESEDA), dont la méconnaissance peut justifier un refus ou un retrait de titre.
Cet article expose l'état du droit à la date indiquée et ne constitue pas une consultation juridique

